Longtemps cantonné à la pratique sportive, le skatepark s’impose aujourd’hui comme un véritable outil d’aménagement durable des territoires. Sobriété énergétique, longévité des ouvrages, recours aux matériaux bas carbone et intégration paysagère
entretien avec Sébastien Pierre, directeur de Territoire Skatepark, filiale du groupe Sols, spécialiste des espaces de glisse en béton.
Quelle est l’expertise métier de Territoire Skatepark et votre approche de la conception des skateparks aujourd’hui ?
Notre expertise repose sur la conception et la réalisation de skateparks en béton, pensés comme de véritables ouvrages d’aménagement public. Nous travaillons exclusivement sur ce type d’équipements, avec une maîtrise fine des formes, des pentes et des usages, afin de garantir à la fois la qualité de pratique, la sécurité et la durabilité des ouvrages. Chaque projet est conçu pour s’inscrire durablement dans son environnement, avec une attention particulière portée à la longévité des matériaux et à la sobriété en phase d’exploitation.
En quoi le skatepark peut-il être considéré comme un équipement durable de territoire ?
Un skatepark en béton est conçu pour durer. Contrairement aux structures bois, plus éphémères et gourmandes en entretien, nos ouvrages ont une durée de vie de vingt à quarante ans. Ils nécessitent très peu de maintenance et ne consomment aucune énergie en phase d’exploitation. C’est un équipement public sobre, pérenne et accessible à tous.
Comment intégrez-vous les enjeux environnementaux dès la conception ?
Nous travaillons de plus en plus avec des bétons intégrant des ciments bas carbone ou des matériaux recyclés, en fonction des contraintes techniques et climatiques. Les plateformes et structures sous dalle sont fréquemment réalisées avec des matériaux issus de la filière de recyclage des bétons et enrobés. Nous privilégions également des partenaires et fournisseurs locaux afin de limiter les transports et l’empreinte carbone.
La gestion de l’eau et l’adaptation climatique sont-elles prises en compte ?
Oui, systématiquement. Les skateparks sont conçus avec des pentes et des dispositifs permettant d’évacuer ou d’infiltrer les eaux pluviales, selon la nature des sols. L’objectif est d’éviter toute stagnation et de maximiser le temps d’usage. De plus en plus, les projets intègrent de la végétalisation, des zones d’ombre et une meilleure intégration paysagère pour limiter les îlots de chaleur.
Quel est l’impact social de ces équipements pour les collectivités ?
Le skatepark est un véritable lieu de vie. Il est intergénérationnel et multi-pratiques : skate, BMX, trottinette. On y croise des enfants, des adolescents, des adultes, parfois des pratiquants de plus de 50 ans. Ces équipements favorisent le lien social, l’appropriation de l’espace public et répondent à une demande croissante portée souvent par les associations locales.
Comment voyez-vous l’évolution des projets dans les années à venir ?
Les collectivités sont de plus en plus attentives aux exigences environnementales, même si le budget reste déterminant. La tendance est clairement à des projets plus responsables, intégrés dans une réflexion globale d’aménagement durable. Le skatepark n’est plus un simple équipement sportif : il devient un marqueur de dynamisme territorial et de transition écologique.