Modus Vivendi : La durabilité enfin à portée de toutes les entreprises

Loin d’une RSE perçue comme une simple contrainte réglementaire, la société Modus Vivendi prône un pragmatisme assumé. Avec son outil Archimède, Benoît Faverial accompagne les entreprises bretonnes dans leur transition écologique en misant sur l’équilibre économique, illustré par la transformation réussie d’une menuiserie industrielle rennaise.

L’écologie pour sauver le monde, ça n’embarque que les militants… la durabilité pour sauver sa boite, ça concerne tout le monde !

Face aux urgences climatiques et aux incertitudes économiques, de nombreuses entreprises se sentent paralysées. Pour Benoît Faverial, la clé n’est pas de culpabiliser les dirigeants, mais de trouver un « compromis viable » – d’où le nom de sa nouvelle structure, Modus Vivendi. « La différence entre nombre d’acteurs engagés dans la RSE et notre approche, c’est que nous plaçons la durabilité au cœur de notre stratégie », affirme-t-il, soulignant que la RSE demeure encore souvent perçue comme une démarche principalement orientée vers la conformité.

Pour dépasser le simple bilan carbone, jugé parfois démoralisant et peu actionnable pour une PME, son équipe a développé Archimède. Cet outil repose sur le principe du moulin à eau, à travers trois piliers : la circularité en entrée, la rentabilité dans l’entreprise, et les externalités en sortie. Ce système se décline en vingt-sept indicateurs concrets permettant de répartir la réflexion sur toute la chaîne de valeur.

L’efficacité de cette méthode s’illustre parfaitement avec Alu Retec, une PME rennaise de plus d’une centaine de personnes spécialisée dans la menuiserie aluminium. Le diagnostic initial était rude : l’aluminium est très énergivore et l’entreprise ne pouvait évidemment pas emprunter 1,4 milliard d’euros pour se tourner vers de l’aluminium totalement décarboné. Face à cette fatalité apparente, Modus Vivendi a orienté la stratégie vers l’optimisation.

L’entreprise était tenue par la réglementation de récupérer les anciennes portes et fenêtres qu’elle démontait sur les chantiers. Plutôt que d’enfouir ce qui était perçu comme un déchet, l’équipe a identifié une nouvelle ligne de revenus : revaloriser ces vieilles menuiseries pour en faire des serres de seconde main. Cette solution ingénieuse n’a nécessité aucun investissement lourd, la matière et les machines étant déjà sur place. Elle a permis de lisser l’activité des équipes lors des baisses de charge, tout en donnant un second souffle au modèle économique de l’entreprise.

Au-delà de la technique, l’accompagnement est avant tout humain. La démarche a permis de déculpabiliser des équipes de production souvent pointées du doigt pour leur utilisation de matières carbonées, sans qu’on ne leur propose jamais d’alternative. Surtout, elle a redonné une perspective d’avenir à un dirigeant, lui prouvant que l’entreprise dans laquelle il avait investi sa vie avait pleinement sa place dans le monde de demain.

Bientôt disponible sous forme de plateforme web, Archimède vise à rendre les entreprises totalement autonomes dans leur pilotage. Et Modus Vivendi ne compte pas s’arrêter là : deux autres boussoles, Octavia pour la durabilité sociale et Cocagne pour la durabilité territoriale, verront prochainement le jour. L’objectif reste clair : aider les acteurs régionaux à naviguer dans l’incertitude et faire de cette transition une trajectoire souhaitable et soutenable.