Le cycle global de l’utilisation de l’eau est au cœur des politiques locales bretonnes

Pour être pleinement efficiente, la gestion de l’eau doit être envisagée globalement, en intégrant tous les aspects de son cycle d’utilisation : zones humides, protection des captages, suivi de la qualité des cours d’eau, risques d’inondation, production d’eau potable, assainissement, etc.
Ce constat est aujourd’hui partagé par de nombreuses collectivités locales bretonnes, comme le Conseil général du Finistère. « Sur le département, 80 % de l’eau potable sont issus de couches superficielles, précise Jacques Brulard, directeur adjoint de l’eau et des espaces verts du CG 29. Il est donc indispensable d’avoir une gestion intégrée de cette ressource pour en assurer la préservation, sur les plans qualitatifs et quantitatifs. C’est pourquoi, les élus du Département se sont positionnés sur une politique couvrant tous les aspects du cycle de l’eau, en apportant un soutien technique et financier aux acteurs locaux. Le Conseil général est également le maître d’ouvrage d’un schéma départemental d’alimentation en eau potable qui vise à assurer la sécurisation de l’alimentation ».
Eau potable : impliquer l’usager
L’enjeu d’approvisionnement en eau potable est en effet important en Bretagne. Chaque été, des secteurs y frôlent épisodiquement la rupture de stock, du fait de la surreprésentation des ressources superficielles, sensibles à la sècheresse. Une extrémité que la Ville de Vannes devrait être en mesure d’éviter, grâce à sa politique d’économie de l’eau, lancée il y a près de 15 ans. « Notre réseau de distribution d’eau potable atteint aujourd’hui 91,5 % de rendement, quand l’objectif du Grenelle de l’environnement est de 85 %, fait valoir Gérard Thépaut, maire-adjoint chargé de l’environnement. Ce résultat est notamment le fruit d’une recherche systématique des fuites sur nos 300 km de canalisations. Concernant la consommation, Vannes se distingue par la mise en place d’un compteur d’eau pour chaque logement, même en copropriété. Cela permet d’impliquer l’abonné qui peut, dès lors, contrôler avec exactitude sa consommation. Il s’agit là d’une politique de vigilance que nos services ont également su mettre en œuvre : depuis 2000, la consommation municipale est passée de 230 000 à 100 000 m3 ».
L’assainissement, nouvelle filière de valorisation des déchets
A l’autre extrémité du cycle de l’utilisation de l’eau, l’assainissement fait lui aussi l’objet d’une attention particulière des collectivités bretonnes, dont certaines innovent pour en faire une filière de valorisation, comme la Ville de Rennes. « Nous venons de mettre en service une unité de traitement des boues par oxydation par voie humide qui nous permet d’assainir les eaux usées, tout en cogénérant de l’électricité, explique Marc Hervé, conseiller municipal chargé de l’eau et l’assainissement. Notre nouvelle installation permet ainsi de créer de la richesse à partir de déchets, valorisés sur notre propre territoire ».
Tous ces retours d’expérience dans le domaine de la gestion de l’eau seront au cœur du prochain Carrefour de l’Eau de Rennes, où la grande majorité des collectivités territoriales se rencontreront, les 23 et 24 janvier prochains (voir encadré).

« Le Carrefour de l’Eau est devenu « le » rendez-vous national de la gestion locale de l’eau »
La gestion de l’eau est une composante incontournable des politiques locales. Pour autant, il n’est pas toujours facile d’en cerner toutes les dernières évolutions, en matière de réglementation ou de technologie. C’est pour atteindre cet objectif qu’Idéal Connaissances organise son 14ème Carrefour des gestions locales de l’eau, au Parc des Expositions de Rennes, les 23 et 24 janvier.
« Lancé en 2000, le Carrefour de l’Eau est devenu « le » rendez-vous national consacré aux politiques locales de l’eau, en mettant l’accent sur la richesse des conférences et des séminaires scientifiques proposés aux visiteurs, explique Luc Renaudin, directeur des événements chez Idéal Connaissances. Pour l’édition 2013, une cinquantaine de sujets d’actualité seront ainsi abordés, autour de 10 parcours thématiques. Par exemple, les deux journées seront respectivement ouvertes par des séances plénières consacrées à la nouvelle gouvernance de l’eau en région et au 10ème programme de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. En complément à ce programme de conférences, plus de 250 exposants présenteront leurs nouvelles solutions, dans le cadre du salon professionnel ». De quoi apporter des réponses aux attentes des 7 000 décideurs attendus au Carrefour, cette année…