– Quel est l’état des lieux de la petite hydro-électricité en France ?

Nous avons une Ministre, Ségolène Royal, convaincue par les atouts de la petite hydroélectricité pour la transition énergétique et volontaire pour encourager la construction de nouvelles centrales, notamment au travers d’appels d’offres.

Nous avons une loi sur l’eau bien écrite, censée garantir « une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ».

Nous avons le savoir-faire d’une filière Française d’excellence mondiale très innovante. Enfin, nous avons un potentiel de développement restant de l’ordre de 20% des capacités actuelles.

Malheureusement nous faisons encore trop face à une administration de l’eau uniquement préoccupée par l’objectif de restauration de la continuité écologique et de protection de la nature face aux activités humaines et économiques, fussent-elles parfaitement maîtrisées, encadrées et contrôlées.

L’Etat nous avait fixé en 2009 un objectif de développement de +3Twh à l’horizon 2020. Nous sommes fin 2015 et nous avons perdu 4 TWh de production annuelle. Chaque mois qui passe voit son lot de contraintes supplémentaires augmenter, aussi injustifiées que coûteuses.

– Que peuvent faire les collectivités dans ce domaine ?

La loi vient d’étendre le champ de compétences des collectivités territoriales en matière de politique énergétique et de gestion de l’eau. Elles peuvent aujourd’hui participer au développement des énergies renouvelables, par exemple en aménageant des seuils existants en rivière.

Aujourd’hui ce sont 15.000 seuils, publics ou privés, qui doivent être aménagés ou détruits.

Mettre ces ouvrages en conformité environnementale implique souvent de lourds travaux qui peuvent se chiffrer en centaines de milliers d’euros pour les équiper de dispositifs de franchissement piscicoles et permettre le transport des sédiments. Equiper un seuil en vue de produire de l’hydroélectricité présente l’avantage, au-delà de la production d’énergie renouvelable et de sa mise en conformité environnementale, de pérenniser l’ouvrage sur le long terme, et de générer des revenus pour la collectivité.

– Quels sont les moyens mis en œuvre par France Hydro Electricité pour inciter les collectivités à utiliser cette ressource ?

France Hydro Electricité met à la disposition des collectivités territoriales des outils pour les accompagner dans leurs démarches. Une première analyse très simple permet d’apprécier le potentiel énergétique d’un site et de mettre en évidence le contexte technique, environnemental, foncier et administratif dans lequel il s’insère.

Lorsque le site est viable, nous recommandons aux collectivités de privilégier un partenariat équilibré avec un professionnel qui s’engage à leurs côtés, sur le long terme. La collectivité territoriale ne supporte aucun risque, maintient son seuil qui est mis en conformité environnementale, touche une redevance et bénéficie des impôts directs et indirects.