Ces collectivités locales qui agissent pour sortir les déchets des circuits traditionnels du traitement…

Selon l’ADEME, les activités économiques – hors BTP et agriculture – ont produit 106 Mt de déchets en 2009, alors que les ménages en engendraient 31,9 Mt. Pour ces derniers, la production a même doublé en 40 ans. Face à cette tendance, le risque de manquer d’installations de traitement et d’enfouissement ne cesse d’augmenter.

Pour briser cette course-poursuite effrénée entre production et traitement, la prévention des déchets est désormais devenue une priorité. En effet, le meilleur déchet reste celui qu’on ne produit pas. Or, dans la mesure où elles gèrent les flux de déchets des ménages et de certaines activités économiques, les collectivités territoriales ont un rôle important à jouer sur ces problématiques. Petit zoom sur deux initiatives locales mises en œuvre pour sortir les déchets des circuits traditionnels du traitement…

Vannes agglo : « Aller plus loin que les objectifs du Grenelle 2 de l’environnement »

En élaborant son programme local de prévention et de réduction des déchets en 2009, Vannes agglo a adopté un plan d’actions pour limiter la production de déchets, d’ici 2014. « Nous souhaitions mettre en place des mesures qui soient aussi ambitieuses qu’atteignables, expose Gilles
 Garancher, Chargé de prévention et de sensibilisation au Pôle déchets. Par exemple, l’objectif assigné par le Grenelle 2 de l’environnement est de réduire de 7 % les ordures ménagères, d’ici 2014. Dans notre cas, cela correspond à une réduction de 22 kg/habitant, pour parvenir à un total annuel de 297 kg/habitant. Nous avons décidé de viser plus haut, avec un objectif de réduction de 10%, soit 287 kg/habitant/an.

Parmi les 23 mesures engagées dans le cadre du programme, nous avons actionné le levier du compostage collectif, car les déchets fermentescibles sont estimés à 42 kg/habitant/an dans ce type d’habitation. En complément aux composteurs individuels, que l’agglo distribue dans les pavillons depuis 2003, nous avons donc développé le compostage en pied d’immeuble. 21 résidences en sont équipées à ce jour, soit 1 500 personnes grâce auxquelles 31 tonnes de déchets ont été compostées, l’année dernière. Ces bons résultats s’expliquent par la forte implication des habitants qui exprimaient d’ailleurs une demande pour le compostage collectif, depuis longtemps. Mais il a tout de même fallu les rassurer avant l’installation des bacs, puis les former sur les bonnes pratiques. Pour cela, nous avons fait appel au bureau d’études Eisenia et son travail s’est avéré essentiel, car les habitants concernés sont près de 50 % à jouer le jeu, alors que nous nous attendions au tiers. D’ici 2015, l’objectif est de mobiliser une trentaine de nouvelles résidences par an, pour atteindre 70 tonnes compostées annuellement ».

Agglo d’Aubagne et du Pays de l’Etoile : 32 entreprises s’impliquent dans une démarche d’écologie industrielle

A l’initiative de la Communauté d’agglomération d’Aubagne et du Pays de l’Etoile, 32 entreprises-pilotes se sont lancées, en février dernier, dans une démarche d’écologie industrielle, soutenue par le Conseil régional PACA. « Le principe est de mettre en relation des acteurs économiques du territoire, avec l’idée que les déchets des uns peuvent devenir la matière première des autres, explique Christelle Deblais, du Service Aménagement et Développement Durable de l’agglo. Par exemple, lors des premiers échanges initiés autour de la démarche, une société qui produit des granulés de bois, en utilisant déjà des palettes, a montré son intérêt pour les palettes en surplus d’autres entreprises. Ces rencontres sont aussi l’occasion de partager des bonnes pratiques. Un centre commercial ayant fait l’acquisition d’un compacteur de cartons s’est ainsi rendu compte que son équipement pouvait être utilisé par d’autres sociétés.

Actuellement, un diagnostic consacré aux flux de matières entrant et sortant des entreprises est en cours de réalisation par un groupement de bureaux d’études (Adonis, Eicosystème et Alderane). Sur la base de cette analyse, les synergies vont pouvoir être définies par les sociétés elles-mêmes. Le fait de placer celles-ci au centre de l’élaboration de solutions mutualisées est primordial, car cela garantit une bonne prise en compte de leurs besoins. Les bureaux d’études accompagneront aussi les entreprises dans le suivi de la mise en œuvre des actions retenues. Une phase qui devrait se concrétiser à partir de la rentrée prochaine ».

Par Nils Bruder pour valeur énergie Bretagne