FORAGE Exploitation agricole : forage d’eau ou eau du réseau ?

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Exploitation agricole : forage d’eau ou eau du réseau ?

Exploitation agricole : forage d’eau ou eau du réseau ?

Retour sur investissement rapide et performance environnementale globale

bonnier forages

Jean-François Moreau,

Hydrogéologue

Bonnier Forages

Pour un exploitant agricole, quels sont les avantages d’un forage d’eau, par rapport à l’eau du réseau ?

En Bretagne, les exploitations consomment en moyenne entre 2 500 et 5 000 m3 d’eau par an. A 2 €/m3, cela fait une charge financière non négligeable, pouvant être évitée. Un forage coûte en moyenne 5 000 €, le retour sur investissement est donc rapide. Cette solution convient aussi bien à l’élevage qu’au maraîchage. Pour en fiabiliser l’exploitation dans le temps, il suffit de ne pas l’utiliser à son débit maximum. Cela permet de ne pas prélever trop d’eau, afin d’éviter l’oxydation au sein de la nappe, ce qui occasionne une formation de fer. En évitant ces phénomènes, on prévient les risques de colmatage du forage et les délais de nettoyage de la pompe s’en trouvent allongés. En termes de performance environnementale globale, ajoutons qu’un forage ne présente pas les déperditions de 20 à 40 % que l’on retrouve sur un réseau de distribution d’eau.

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« Entre 2 500 et 5 000 m3 d’eau par an : une charge financière pouvant être évitée »

Y a-t-il des spécificités bretonnes en matière de forage ?

La région se caractérise par une formation hydrologique de socle avec une nappe discontinue. Il faut donc cibler précisément les débits dans des failles. Pour cela, nous optimisons nos études hydrogéologiques avec des sourciers. A noter que les enjeux sur une hydrologie de socle ne sont pas les mêmes que sur un bassin sédimentaire. On peut donc déplorer que la réglementation « au cas par cas » de 2017 s’applique indifféremment sur le territoire national.

Pourquoi cela ?

Ce texte concerne les forages d’eau d’une profondeur supérieure ou égale à 50 m. Or, en Bretagne, il est souvent nécessaire d’aller au-delà. Dans ce cas, cela implique de réaliser un examen préalable, avant le dossier d’incidence. Ce dernier s’appliquait déjà aux débits supérieurs à 1 000 m3/an et permettait de s’assurer de l’absence d’impact du forage sur les zones humides, la faune, la flore, les prélèvements des voisins, etc. L’examen préalable vient ajouter près de deux mois d’instruction et un surcoût de 1 000 à 1 500 €, soit 30 % du budget global d’une opération. En lien avec cette perte de temps et d’argent, certains agriculteurs renoncent au forage. Pire, d’autres en font faire sans le déclarer…

 

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