VALORISATION DES DÉCHETS

vue arienne centrale cogénération Ecosiet La Vraie-Croix

Quand les déchets non dangereux ultimes deviennent source d’énergie

vue arienne centrale cogénération Ecosiet La Vraie-Croix

Valoriser la fraction fermentescible fatale pour produire du biogaz

séché environnement ouest

Hugues Bazan, Directeur adjoint en charge du développement chez Séché Environnement Ouest

« 6 MWh électriques et 5 MWh thermiques, issus du traitement de 92 000 t de déchets ultimes »

Généralement voués à être stockés, les déchets non dangereux ultimes peuvent-ils être valorisés sur un plan énergétique ?

Oui, car certains d’entre eux présentent une partie fermentescible fatale qui permet de produire du biogaz. C’est le cas, par exemple, de la laine minérale, un produit non recyclable et non incinérable, mais dont le support papier contient du carbone pouvant être transformé en biogaz. Autre exemple : les filets de pêche en nylon qui contiennent des restes de matières organiques. Sur un plan technique, il s’agit de confiner le déchet dans un casier étanche, puis de l’humidifier pour accélérer sa fermentation et de capter le biogaz émis. Une fois traité, ce dernier est valorisé par le biais de moteurs de cogénération produisant de la chaleur et de l’électricité.

Echangeurs de chaleur Energécie dans usine Galliance, la vraie-Croix

Avec ce procédé, est-il possible d’atteindre une production énergétique conséquente ?

Un de nos pôles de valorisation de déchets, l’Ecosite de la Croix-Irtelle dans le Morbihan, traite jusqu’à 92 000 t/an de déchets non dangereux ultimes, en grande majorité issus du département. La partie fermentescible fatale de ces volumes permet de produire 6 MWhe/an, soit l’équivalent des besoins électriques de 8 000 habitants, hors chauffage. En parallèle, le site produit 5 MWhth/an qui répondent à des besoins en eau chaude d’une usine agroalimentaire voisine, via un réseau de chaleur de 1,7 km. Le rapport de ces deux productions avec la consommation d’énergie primaire de biogaz fait ressortir un rendement de 75 %. Un résultat à comparer aux 35 % atteints par le nucléaire. En outre, les déchets constituent une ressource locale, s’inscrivant dans une dynamique d’économie circulaire. Dans cet esprit, le Combustible Solide de Récupération (CSR) est aussi une solution d’avenir.

Comment cela ?

Il s’agit d’éléments à fort pouvoir calorifique, présents dans les déchets et valorisables dans un four chaudière. En octobre dernier, nous avons inauguré la première chaudière CSR de France, à Changé, près de Laval. En hiver, elle alimente un réseau de chaleur desservant près de 6 400 logements. L’été, la chaleur produite assure la déshydratation de fourrages. Nous menons actuellement une étude de faisabilité, en vue d’une valorisation CSR sur l’Ecosite.

 

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